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 ...et nul ne sut qui était l'agneau, qui était le lion.

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Date d'inscription : 09/11/2016


MessageSujet: ...et nul ne sut qui était l'agneau, qui était le lion.   Mer 9 Nov - 5:12

Cornelius arracha son œil du sommeil. Il était tard, quelque chose comme vingt-trois heures moins le quart. Son humble chambre d'hôtel possédait le même papier peint que lorsqu'il avait fermé les paupières, et la scène était aussi rassurante que décevante. Enfin, après analyse statique des lieux de convenance, il assimila que son cellulaire le tirait hors de l'étreinte chaude de la paresse. Non, il n'était tombé dans le piège séduisant de Morphée, encore. Mais depuis cinq heure de ce matin de livraison de marchandise qu'il rêvait d'édredons.

Encore un client. Une malsaine ancre qui le tenait debout depuis bien trop d'heures. Les cuisses de Cornelius rampèrent sur le drap comme si le fardeau de l'Afrique leur pesait, et le hissèrent assis sur son lit. C'était Nunu, qui demandait encore son cristal rose et frais. Nunu était une dragqueen autant accro au QUEENS qu'à l'odeur des valises du Cobalt. Rien à faire, il se devait de se botter le cul et aller la rejoindre...

au 2e a cote des toilette ruge!!

C'est qu'elle n'a pas pris davantage de cours de français, la pauvre.


Pensa-t-il en s'étirant mille et une années de temps.

Puis, il traîna les talons à son frigibière, empoigna sans soucis une canette de boisson énergisante, la cala d'une traite - son cœur en avait vu d'autre, se dit-il - puis alla se mirer dans la glace de la salle d'eau. Des cernes faibles, un teint doux, le creux des yeux toujours aussi perçants et un sourire à faire fondre les nones. Rien à attendre, et surtout pas les vingt autres bourdonnements de portable que Nunu lui offrirait s'il ne se pointait pas dans les dix prochaines minutes au lieu sacré de rendez-vous : le dealer empoigna sa veste de cuir qu'il posa par dessus sa frêle camisole bien trop moulante, remonta ses jeans griffés et planta ses orteils dans le fond de ses Givenchy à quatre-cent balles. Pour bien vendre, il faut bien paraître. N'importe quel commerçants d'Amérique du Nord saurait la comptine.

Avant de franchir le cadre de sa porte, il fouilla son trousseau de clef et en sorti un toute petite dorée. Elle appartenait, très fidèle, à l'énorme garde-robe de sa chambre. À l'intérieur, il y avait un coffre-fort. Qui connaissait la combinaison? Un seul cerveau sur terre, bien sûre.

42-77-15
Le sens de la vie, l'anniversaire de Star Wars, et le retour dans le futur, bien évidemment.

Trésor ouvert sur une dizaine de téléphones portatifs, un fusil sans prétention et des quantités gastronomiques de drogues de tout genre. Il ne saisit que le cristal de Nunu. Cette soirée serait légère de clients, et vachement lourde de fatigue.

Le voilà qu'il dévalait les escaliers en laissant des frontières de cachoteries à double-tour derrière lui. À peine un pied dehors, à peine le temps de tirer quelques bouffées de cigarette, que déjà se dressait, comme un immense royaume, devant lui, le flamboyant panneau trop rose et trop clair de son club chaleureux. Il passa la file sans oser toiser les pauvres hommes et femmes cloîtrées dans leurs talon-hauts, qui eux étaient cloîtrés dans l'ultime espoir de finir abandonné pour le sexe sur le tapis d'hôtel d'un jeune musclé qui ne mérite même pas d'avoir de nom en mémoire. Cornelius rendit une liasse de cent dollars au portier qui le laissa entrer en jugeant l'horizon. Le pauvre petit scientifique, lui, regardait le sol, et aurait rougit si sa peau lui aurait permis : même après des milliers de pratique, il n'était toujours pas à l'aise de se payer se privilège excessivement utile pour son job.

Un pas, un franchissement de vestiaire, et le voilà enterré dans la musique lapidaire, l'odeur de sueur, l'arôme d'alcool et le tourbillon de paillettes. Il salua gentiment la serveuse blonde qui n'avait aucun prénom en sa tête, mais qu'il reconnaissait à chaque enjambé dans ce corridor de fêtards, puis escalada le club jusqu'à son deuxième. On y trouvait quelques tables, des amoureux d'un soir se donnant la langue, un éclairage tamisé, et une dragqueen à la perruque blanche et à la petite robe moulante bien trop courte.

- COBAAAAALT!!

Elle est déjà très saoule, Grand Dieu... Et pourquoi je m'étonnerais?

La courageuse pris galop du haut de ses huit pouces pour sauter au cou de Cornelius. Il la serra en riant comme un vrai gentleman. Du même coup, Nunu glissa l'argent et son pourboire dans sa poche, tout en saisissant la MDMA rose dans le creux de sa main blanche. C'était une habituée de Cobalt, pour tout dire.

- Merci... Merci, mon beau!! Oh, t'es le meilleur!! Tu sais ça fait combien de nuit que j'ai pas poppé?!

- Mais c'est rien princess-

Nunu ne laissa pas le temps au dit Cobalt de terminer sa phrase qu'elle se retourna vers ses amis oubliés pour leur faire de grand signe.

- HEY! HEY LES FILLES! NOTRE SAUVEUR EST ARRIVÉ!! ON PEUT FAIRE LA FÊTE!!

Acclamations générales de la part du groupe. Cornelius, lui, souriait. On l'aurait presque dit gêné, alors qu'il cherchait un point d'appui pour ses prunelles sur le plancher, avec la lèvre montée au coin de sa barbe parfaitement mal rasée. La reine continua :

- Hey... Hey! Voici cinquante dollars. Tu fais bien ton job, mon beau. Prends-les!

Nunu était chambranle, et avait de la mousse au creux des mots. Déjà bien, bien trop saoule.

- Non... Tu les gardes, c'est pour toi.

- PRENDS-LES!!

- Non... C'est à toi...

J'en suis mal à l'aise, et ça doit paraître. Je fais non de la tête et la repousse presque en levant mes paumes comme un bouclier de négation. Je ne suis pas à l'aise de me faire lancer cinquante balles tout simplement parce que le portefeuille perd des bout de conscience quand sa maîtresse est ivre morte. Ce n'est pas respectable, ni très morale. Je gagne l'argent pour le produit que je vends, pas pour la sympathie de mes plus ferventes clientes inconscientes.

Cornelius saisit avec la douceur d'un nuage les épaules de Nunu, pour la maintenir stable et attentive ne serait-ce qu'une seconde.

- C'est à toi ce fric, pas à moi. Va donc danser avec tes copines.

- C'EST MA CHANSON!!

Et Nunu disparut dans la brume des corps grouillants et des drogues de toutes forces. Cornelius, lui, la fixa avec la concentration d'un sorcier; c'est qu'il avait la main dans la poche, et comptait habilement des doigts le nombre de billets qu'elle venait de lui refiler. Peut-être trop... Sacré Nunu!

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